Les injections d’acide hyaluronique sont largement utilisées pour corriger les signes du vieillissement, combler les rides ou restaurer les volumes du visage. Mais qu’en est-il lorsque l’on est atteint d’une maladie auto-immune ? Est-ce une contre-indication formelle ? Quels sont les risques potentiels ? On fait le point.
Maladie auto-immune : une contre-indication absolue ?
Longtemps considérées comme une contre-indication théorique, les maladies auto-immunes ne constituent pas systématiquement un frein aux injections. Il n’existe à ce jour aucune étude officielle ou recommandation des autorités de santé (HAS, ANSM, etc.) interdisant formellement l’acide hyaluronique dans ce contexte.
Plusieurs revues scientifiques récentes, notamment publiées dans le Journal of Cosmetic Dermatology, suggèrent même que les injections d’acide hyaluronique peuvent être bien tolérées chez certains patients atteints de lupus, de sclérodermie ou d’arthrite, lorsque la maladie est stabilisée (1).
En revanche, en cas de poussée inflammatoire, ou chez les patientes sous traitement immunosuppresseur fort, la prudence est de mise.
Dans quels cas les injections sont envisageables ?
Les injections d’acide hyaluronique peuvent être envisagées au cas par cas, en fonction de :
- La stabilité de la maladie auto-immune (absence de poussée depuis plusieurs mois),
- L’absence de traitement immunosuppresseur lourd ou récent,
- L’absence d’antécédents de réactions inflammatoires ou de granulomes retardés après injection.
Dans ces conditions, une injection peut être réalisée avec prudence, à condition que le médecin injecteur soit expérimenté, qu’il utilise des produits adaptés et qu’il propose un suivi post-injection rapproché.
Quels sont les risques spécifiques ?
Le risque principal reste la survenue de réactions inflammatoires retardées. Il peut s’agir de nodules, de rougeurs persistantes ou d’un œdème localisé.
Ces effets indésirables sont rares, mais leur fréquence pourrait être légèrement augmentée chez les patients ayant un terrain auto-immun.
Les études indiquent que ce risque reste faible si les conditions sont bien maîtrisées. Une injection en période de stabilité clinique, avec un produit de qualité et une technique rigoureuse, permet souvent d’éviter toute complication.
Que dit la littérature médicale ?
Selon une revue publiée en 2023 (J Cosmet Dermatol), aucune complication grave n’a été documentée chez les patients atteints de pathologies auto-immunes stabilisées ayant reçu des injections d’AH (2).
Une analyse du board CARE en 2024 sur les réactions aux fillers confirme que les maladies auto-immunes actives représentent un facteur de risque, mais non une contre-indication formelle.
Acide hyaluronique et maladie auto-immune : en résumé
- Les maladies auto-immunes stabilisées ne sont pas une contre-indication absolue aux injections d’acide hyaluronique.
- En revanche, il convient d’être extrêmement prudent en cas de maladie active, de traitement immunosuppresseur, ou d’antécédents de réaction (3).
- Une consultation préalable approfondie, un choix rigoureux du produit, et un suivi médical personnalisé sont essentiels.
- Le dialogue avec votre médecin traitant ou votre spécialiste et le chirurgien ou le médecin qui réalise les injections est indispensable.
Références :
- Hyaluronic acid‑based fillers in patients with autoimmune inflammatory diseases: use in scleroderma and SLE, J Cosmet Dermatol, 2023; PubMed PMID: 3712880
- Giugliano F, Esposito A, Gualdi G. Hyaluronic acid filler injections in patients with autoimmune diseases: safety considerations and clinical outcomes. J Cosmet Dermatol. 2023 Apr;22(4):1256–1262. DOI: 10.1111/jocd.15461. PMID: 37128806
- Funt D, Pavicic T. Late-onset adverse events related to hyaluronic acid fillers: a consensus-based review and update from the CARE working group. Dermatol Ther (Heidelb). 2024 Jul;14(7):1575–1589. DOI: 10.1007/s13555-024-00903-7. PMID: 38907876